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Points clés à retenir
- Puissance IA en local : Grâce à la puce Nvidia RTX Spark et sa mémoire unifiée, le ProArt P16 exécute des modèles d’IA sans cloud.
- Écran Oled exceptionnel : Dalle tactile 16 pouces 3K 120 Hz parfaitement calibrée (Delta E 1,8).
- Compromis et prix : Châssis fin et connectique complète, mais autonomie limitée, bruit et tarif élevé (dès 5099 €).
L’Asus ProArt P16 n’est pas un PC portable comme les autres. Il embarque la nouvelle puce Nvidia RTX Spark, fruit d’une collaboration inédite entre Asus, Nvidia et MediaTek. Cette architecture hybride associe un CPU ARM (MediaTek) à un GPU dédié GeForce RTX 5070, le tout avec jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée. Objectif : exécuter des intelligences artificielles localement, sans abonnement ni envoi de données vers le cloud. Le rêve de tout artisan breton qui aime garder ses secrets ? Presque. Je vous propose de décortiquer ce que vaut vraiment cette machine d’exception, vendue à partir de 5099 € (configuration test : 64 Go de RAM, SSD 1 To).
Avant d’entrer dans le vif, un petit point sur la gamme ProArt d’Asus. Elle cible les créateurs de contenu – photographes, vidéastes, modeleurs 3D – et les professions où la performance et la fiabilité font gagner un temps précieux. Car comme disent les anciens : le temps, c’est de l’argent. Et ici, le temps, c’est aussi de la puissance.
Un design sobre et bien pensé
Le ProArt P16 arbore un châssis noir mat de 1,5 cm d’épaisseur seulement, avec un logo brillant discrètement apposé sur le capot. Pas de LED RGB criardes : nous sommes sur du matériel professionnel, pas sur un sapin de Noël. L’écran s’ouvre d’un seul doigt grâce à une encoche bien sentie. La dalle tactile brillante aux bordures fines occupe l’essentiel de la face avant.
Le clavier est encadré par deux grilles qui cachent des haut-parleurs, mais les tweeters n’occupent qu’une infime partie de la surface. Pas de bouton de mise en route dédié : il faudra passer par Windows Hello via la webcam.
Le pavé tactile haptique de 15 x 10 cm occupe une large place sur le repose-poignets, sans clics physiques dans les coins. Les habitués de Windows y trouveront leur compte, les inconditionnels du Mac un peu à redire. Le rétroéclairage du clavier propose trois niveaux d’intensité.
Une connectique riche et une webcam perfectible
La connectique est l’un des gros atouts de ce ProArt P16 :
- Trois ports USB-C (compatibles USB4)
- Un port HDMI
- Un port USB-A
- Une prise mini-jack
- Un lecteur de cartes SD Express 7 (UHS-II) capable de dépasser 250 Mo/s
La webcam Full HD s’avère correcte mais manque de détails. On peut compter sur Nvidia Broadcast 2.0 pour améliorer le rendu (floutage d’arrière-plan, recadrage automatique, éclairage), mais cela sollicite le GPU et réduit l’autonomie. Dommage que le NPU de la puce RTX Spark ne soit pas exploité par Windows pour les effets de studio.
Côté sans-fil, la puce MediaTek MT7925 est compatible Wi-Fi 7, mais avec une largeur de bande limitée à 160 MHz (débits réels plafonnant à 2 Gb/s au lieu de 4). Le Bluetooth 5.4 est de la partie.
Refroidissement : la finesse a un prix
Pour dissiper les 80 W de la puce RTX Spark, Asus a installé deux ventilateurs et trois caloducs. Mais le résultat est bruyant : en mode Performances, on relève 46,8 dB en jeu et 47 dB en inférence IA. Le mode Équilibré descend à 41-43 dB, et le mode Silencieux à 35-39 dB. La chaleur est également au rendez-vous : jusqu’à 43 °C sur le clavier et 46 °C sous le châssis en pleine charge. Évitez donc de poser la machine sur vos genoux pendant que vous générez des images. À l’intérieur, le RTX Spark reste sous les 74 °C, ce qui évite le bridage thermique.
Performances : l’IA locale comme fer de lance
La puce RTX Spark (N1X) intègre 20 cœurs CPU ARM et 6144 unités CUDA. Sur les benchmarks CPU, elle obtient un indice de 87, contre 96 pour un ProArt P16 équipé d’un AMD Ryzen AI 9 HX 370 (soit environ 10 % de moins). Mais ces tests font appel à l’émulation pour certaines applications, car l’écosystème Windows on ARM n’est pas encore totalement optimisé. La puce Apple M5 Pro, elle, atteint 135 sur la même base.
Cependant, le but de cette puce n’est pas de briller sur le CPU, mais sur le GPU et les tâches IA. Et là, Nvidia frappe fort grâce à son écosystème logiciel mature. Les 64 Go de mémoire unifiée permettent de charger des modèles d’IA volumineux et de les exécuter rapidement. Seul Blender tire vraiment parti de la RTX Spark dans notre protocole de test ; les suites Adobe rencontrent encore quelques difficultés sur Windows on ARM.
Les résultats en génération d’images, de texte et en reconnaissance visuelle (benchmark UL Procyon) montrent que la RTX Spark surclasse largement la concurrence AMD, grâce à un écosystème CUDA pleinement exploité. C’est simple : pour l’IA locale, c’est le haut du panier.
Stockage : un SSD PCIe 4 un peu juste
Le SSD PCIe 4 intégré offre des débits de 7 Go/s en lecture et 4,8 Go/s en écriture. C’est correct, mais compte tenu du prix, on aurait aimé un SSD PCIe 5 (comme sur l’ExpertBook Ultra) pour accélérer le transfert de gros modèles. Un petit regret.
Écran : une dalle Oled quasi parfaite
Le ProArt P16 est équipé d’une dalle Oled tactile de 16 pouces (2880 x 1800 pixels) à 120 Hz, compatible avec le rafraîchissement variable. Sous la sonde, le delta E est de 1,8 (sous le seuil de 3), et la température de couleur de 6656 K est proche de la perfection (6500 K). Les noirs sont parfaits, le contraste infini et la rémanence imperceptible (moins de 1 ms).
Le seul vrai bémol : la finition brillante sans traitement antireflet. La luminosité de 487 cd/m² permet de compenser en intérieur, mais pas en extérieur. Le pic de luminosité dépasse les 1000 cd/m², idéal pour le multimédia. Asus sait pourtant faire des dalles mates (voir l’ExpertBook A7), c’est donc un choix délibéré. Personnellement, j’aurais préféré une dalle mate plutôt que tactile.
Audio : une scène sonore voilée
La configuration audio est similaire à celle du GoogleBook 14 : deux tweeters frontaux et deux woofers en push-pull sous le châssis. Le rendu est agréable, avec des basses présentes, mais un léger voile recouvre l’ensemble. Le volume est généreux, mais la saturation se fait sentir au-delà de 50 %. La prise casque offre une distorsion imperceptible, un bon niveau de sortie et une dynamique correcte, même si la diaphonie est en dessous de la moyenne.
Autonomie : 99 Wh mais une endurance limitée
Avec sa batterie de 99 Wh (le maximum autorisé), le ProArt P16 tient 7 h 4 min dans notre protocole de bureautique (vidéo locale, Excel, surf, tâches créatives) avec une luminosité réglée à 200 cd/m². C’est mieux que la génération précédente, mais pas exceptionnel. En usage intensif (IA locale ou jeu), il ne faut pas compter sur plus d’une heure et demie en mode Équilibré. La puissance est maintenue sur batterie, ce qui explique cette faible endurance. Le chargeur USB-C de 140 W est relativement compact, mais son câble secteur reste encombrant.
Réparabilité : un accès facile
Pour ouvrir le ProArt P16, il suffit de retirer 11 vis Torx (attention, elles n’ont pas toutes la même longueur). À l’intérieur, on peut ajouter un SSD M.2 2280 supplémentaire et remplacer la carte Wi-Fi ou la batterie. Seuls la puce RTX Spark et la mémoire vive sont soudées, ce qui est classique. Asus utilise du métal liquide comme interface thermique, il est donc déconseillé de démonter le système de refroidissement sans raison. L’indice de réparabilité auto-attribué est de 9,5/10, mais Asus fournit de nombreuses pièces détachées via ses partenaires européens.
Notre avis : un OVNI pour les pros de l’IA
L’Asus ProArt P16 avec RTX Spark est une machine pionnière. Elle séduit par son châssis fin, sa connectique complète, son écran Oled magnifique et sa puissance brute en IA locale grâce à sa mémoire unifiée. Mais elle impose des compromis : écosystème Windows on ARM encore perfectible, écran brillant sujet aux reflets, chauffe et bruit en charge, autonomie en retrait.
Face à la concurrence, le principal obstacle reste le prix : 5099 € pour la version test, soit environ 500 € de plus qu’un MacBook Pro équivalent. À ce tarif, elle s’adresse exclusivement aux professionnels qui ont un besoin quotidien de faire tourner des modèles d’IA en local. Pour les autres, une machine plus classique sera plus rentable.
En résumé, si vous êtes un créateur ou un développeur qui mise tout sur l’IA locale et que votre budget est élastique, le ProArt P16 est un choix judicieux. Pour conclure, gardez en tête que cette machine est un premier pas vers une nouvelle génération d’ordinateurs, et que les prochaines itérations gommeront sans doute ces défauts de jeunesse.





